vendredi 23 mai 2008

Monter son entreprise et temps partiels (point intermédiaire)

Note d'avant billet : après une interruption, je vais essayer de publier plus régulièrement des billets mais avec mon agenda rien n'est gagné ;-)

Cette article fait suite à un vieux commentaire sur le blog Simple Entrepreneur en novembre dernier.

Il y a un peu près un an, j'avais fais la demande auprès de mon employeur de passer à temps partiel (au 3/5 ème pour être exact). Cette demande était motivée par mon projet de monter ma propre entreprise (et non pour l'arrivée d'un enfant comme l'a demandé une personne des ressources humaines).

Je tiens d'abord à noter qu'accepter cette demande était (et est toujours) une marque de confiance et que travailler dans la confiance c'est toujours plus positive (et plus productif et donc plus rentable pour l'employeur). J'ai eu l'expérience inverse et c'est très ... usant.

Pour mieux situer la chose, en tant que salarié mon travail consiste en du conseil technologique autour de l'intégration inter applicatif (middleware, EAI), l'exposition de service (SOA), l'organisation de la donnée (Master Data Management), les processus (BPM) et l'urbanisation. Les missions étant souvent du forfait (le client achète un résultat) ou de petites régies (le client achète des jours/hommes). Cela a pour conséquence que mon agenda est toujours très perturbé. Je n'ai rarement le même bureau 2 jours de suite, les déplacements sont fréquents et les journées très élastiques.
Pas un job pépère au 35h, mais un travail qui prend du temps de cerveau et fatigue nerveusement. En contrepartie, l'émulation intellectuelle et émotionnelle est extrêmement enrichissante.

Les petits avantages :

Travailler à temps partiel c'est aussi recevoir un salaire et donc de ne pas brûler son cash sur les coûts fixe personnels. Cela laisse donc plus de temps pour tester l'idée et le modèle de revenu qui va avec en minimisant l'effet sur le cadre de vie.

De plus, cela permet d'entretenir son réseau au fur et à mesure des rencontres des missions (point très lié à mon métier) et de ne pas rester isolé.

Ces rencontres permettent aussi de rendre compte de son avancement et donc de rester concentré sur la "mise en production" du produit en développement. A cela il ne faut pas oublier les confrontations et les partages d'idées qui sont toujours positives et solidifient le projet. Cela rejoint un article de blog (de guy kawasaki je crois, mais je n'arrive pas à mettre la main sur l'article)

A tout cela, les rentrées d'argent récurrentes permettent aussi de prendre du recul ... en vacances.

Les inconvénients persistants :

Le principale inconvénient est la lenteur du rythme. Ne travailler que 2 à 4 jours par semaines (en comptant 1 jours du week end), cela ralenti sensiblement la vitesse d'avancement du projet.

En effet, il ne faut pas oublier qu'il y a toujours une part de gestion minimal qui est difficilement compressible. Les temps de développement sont réduits d'un jour en moyenne par semaine. Le danger est que le rythme d'avancement du projet peut être vraiment démotivant.

Un autre point est que la fatigue générale peut devenir de plus en plus difficile à tenir. En effet, nous suivons tous des cycles de formes et méformes. Et quand on est sur deux projets en même temps on suit deux rythmes différents et donc avoir moins la possibilité de profiter d'une pointe de forme ou de souffler pendant une période de méforme. Et là, je dois dire que c'est assez pesant avec le temps.

Le dernier point est que cela implique une sorte de schizophrénie. La transition entre les deux parties de la vie active est parfois difficile. Et il y a toujours un temps pour pour se remettre dedans à chaque changement et se re-concentrer des objectifs différents. Cette schizophrénie agit aussi sur l'aspect motivation et il arrive d'oublier l'autre activité quand on est à fond dans la première (et inversement).
Un bilan après 9 mois :

Je suis assez content de mon choix car elle permet de pas se précipiter et de ne pas se mettre dans le rouge financièrement, par contre la frustration du rythme d'avancement reste forte (Fermiers d'à côté n'est pas encore fini).

En tout cas, je m'en vais prolonger d'un an ce temps partiel.

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